Réunion de la coordination humanitaire sur les inondations : des nombreux défis restent à relever

Faire le point depuis l’appel à l’aide lancé par le gouvernement congolais en novembre dernier jusqu’aux activités menées il y’a peu et projeter les opérations futures, tel a été la quintessence de la deuxième réunion de la coordination humanitaire sur les inondations tenue ce vendredi 28 février 2020.

Les inondations sans précédent qui ont frappées le Congo en fin d’année dernière avaient conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence humanitaire pour les quatre départements (Likouala, Sangha, Cuvette et Plateaux) et à appeler la communauté internationale à l’aide pour assister les populations sinistrées desdits départements. Ainsi, des opérations d’assistance humanitaire ont été lancées à la fois par le gouvernement que par les agences du système des Nations Unies dans le nord du pays.

S’exprimant en qualité de Coordonnateur humanitaire du système de Nations Unies, le Représentant du HCR au Congo, Cyr Modeste Kouamé, a déclaré que du lancement de l’appel le 19 novembre 2019 à aujourd’hui, les agences onusiennes n’ont pu que mobiliser que 26% des besoins estimés pour assister les populations sinistrées. Afin d’assurer l’assistance humanitaire d’urgence aux populations sinistrées (170.000 personnes) durant 3 mois, le Gouvernement et ses partenaires du Système des Nations Unies avaient estimé les besoins à hauteur de $30 131 411 soit 18.014.005.135 francs CFA.

A ce jour, le Gouvernement de la République du Congo a mobilisé 1 milliard de francs CFA et a reçu des dons de la Chine (291.000.000f CFA), des communautés maliennes et mauritaniennes en vivres et non vivres. Quant au système des Nations Unies, il a mobilisé les fonds à hauteur de : 11.000.000 dollars soit 7.000.000 de francs CFA.

Le Directeur de cabinet du ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Christian Aboke-Ndza a fait le point sur les missions d’assistance humanitaire déployées par le gouvernement dans le nord du pays. Pour cette mission, une enveloppe de 400.000.000 frs CFA a été dégagé pour l’acquisition des vivres, des non vivres, des matériaux de construction et des médicaments. Mais cette aide n’a permis d’atteindre que 37% des sinistrées, ce qui signifie que près de 60% des bénéficiaires attendent encore.

Christian Aboke-Ndza a formulé un certain nombre de propositions ; dans le domaine alimentaire, garantir deux semestres d’assistance alimentaire aux populations suite à la destruction des plantations et à la décimation du bétail. Sur le plan sanitaire, il faut assurer une surveillance épidémiologique adéquate en vue de contenir la propagation des maladies hydriques. L’appui aux communautés touchées dans la reconstitution des moyens de transport nautique et dans la réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires de base, la facilitation de la reconstitution des documents d’état civil détruits par les inondations, allongent la liste des actions à mener, qui ici n’est pas exhaustive.

Pour la ministre affaires sociales et de l’action humanitaires, Antoinette Dinga Dzondo les défis à relever dus aux inondations pour soulager les populations sont énormes. En effet, aux sinistrés du nord Congo, il faut ajouter ceux de Brazzaville, de Pointe-Noire et de Divenie, ce qui fait de près de 200.000 sinistrés en attente d’être secouru.