Protection sociale : “Lisungi” redonne du sourire à des milliers de personnes vulnérables

De nombreux Congolais, femmes et hommes, même ceux à mobilité réduite, ont pris d’assaut, le 25 avril dès les premières heures de la matinée, des guichets de la Banque postale du Congo (BPC) pour percevoir leurs allocations.

Après deux ans de difficultés dues à la situation économique et financière du pays, le projet « Lisungi », système de filets sociaux, a redémarré ses activités dans les zones pilotes. A Brazzaville, les bénéficiaires de Makélékélé, Bacongo, Moungali et Talangaï sont en train de toucher, depuis ce 25 avril, leurs allocations du premier trimestre 2016 et celui de l’année en cours. L’opération se poursuivra jusqu’au 3 mai. Pour ceux des zones sud, les guichets sont ouverts à la BPC centre-ville, Moungali au croisement avenue de la paix-rue Mbochi et Talangaï à la poste du rond-point Koulounda, à Ouenzé.

Habitant l’arrondissement 4, Moungali, Marie-Louise Sita est bénéficiaire du projet depuis sa mise en œuvre en 2015. « Je suis venue toucher mon allocation de Lisungi, c’est pour le deuxième tour. La première fois, c’était 200 000 FCFA en deux paiements. Je nourris ma famille grâce à ce soutien puisque je vends quelque chose avec cet argent. Cette somme me permettra de relancer mes petites activités qui étaient quelque peu au ralenti. La dernière fois remonte à mars 2015 », a-t-elle témoigné.

Ella Blanche Kangou s’est elle aussi dit contente de percevoir pour la troisième fois cette allocation après plusieurs mois d’attente. « Je vais vendre les divers, le charbon et prendre soin de mes enfants en les nourrissant et en les envoyant à l’école. Merci au gouvernement et au projet Lisungi. Lors des premiers paiements ,j’ai eu 225 000 FCFA, aujourd’hui 150 000 FCFA, c’est déjà bien parce que j’arrive à économiser 25 000 FCFA par mois », a déclaré l’heureuse bénéficiaire.

Par ailleurs, une femme se déplaçant sur un fauteuil roulant n’a eu de mots que de chanter « Félicité » de Joseph Kabasele dit Grand Kallé. « Je suis très satisfaite, j’ai trouvé de quoi à manger et acheter les habits. J’ai eu mes 60 000 FCFA », s’est-elle réjouie.

Le directeur général de la BPC, Calixte Médard Tabangoli, qui a accompagné le directeur de cabinet de la ministre en charge de la Solidarité dans la ronde des centres de paiements, a remercié le gouvernement, la Banque mondiale (BM) et l’Agence française de développement (AFD) pour leur avoir renouvelé la confiance après deux ans d’inactivité, expliquant que la mission qui leur a été confiée consiste à s’assurer que les paiements s’effectuent dans de meilleures conditions. « La satisfaction que nous voyons se dessiner sur les visages de nos mamans, à travers ces allocations que nous leur délivrons, nous renvoie à beaucoup de fierté et de joie. Le tout se passe très bien, nous allons poursuivre ce travail d’accompagnement du ministère des Affaires sociales », s’est-il engagé.

Pérenniser les paiements

Rappelant, de son côté, les difficultés que le projet a connues, le directeur de cabinet, Christian Aboké-Ndza, s’est félicité du fait que les partenaires du projet, notamment la BM et l’AFD, ont accepté que dans la nouvelle phase la contrepartie ne sera plus une condition pour la mise en œuvre de Lisungi. « Aujourd’hui, c’est pour nous un soulagement. C’est quelque chose de très bénéfique pour la population. Le gouvernement, dans le cadre de l’exercice budgétaire 2018, a voté à travers le parlement des crédits substantiels à hauteur de vingt milliards FCFA pour permettre également que ce projet vive », a-t-il indiqué.

S’agissant de la pérennisation du projet, il a rappelé que le gouvernement n’a pas pris l’initiative de relancer les activités sans en avoir des garanties. « Nous avons renégocié avec nos partenaires pour que la relance de ces activités ne soit pas conditionnée par une quelconque contrepartie. Nous estimons que c’est un engagement du gouvernement qu’il tiendra, sachant combien la population a besoin de la solidarité nationale », a conclu Christian Aboké-Ndza.

Notons qu’au total 4 123 ménages très pauvres vivant dans la précarité et ayant à charge au moins trois enfants âgés de 0 à 14 ans, une personne de 3e âge ou un membre souffrant d’une maladie chronique sont concernés par des paiements. Il s’agit précisément des ménages de quatre arrondissements de Brazzaville, un de Pointe-Noire (Mvou Mvou) et de deux localités de la Cuvette (Makoua et Oyo où les paiements interviendront à partir du 7 mai).