Protection sociale : le projet « Lisungi » pourrait s’étendre dans la Likouala

Le rapport d’évaluation du financement additionnel en vue de l’extension du programme dans le département, au profit des réfugiés et la population locale, est au cœur d’un atelier qui se tient du 19 au 21 septembre à Brazzaville.

D’un montant global de vingt-deux millions de dollars américains, soit treize milliards FCFA, le deuxième financement additionnel, initiative conjointe du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de la Banque mondiale (BM), permettra au projet “Lisungi” de couvrir désormais le département de la Likouala. L’objectif étant d’aider le gouvernement à améliorer non seulement les conditions de vie des habitants de ce département mais également celles des réfugiés, afin de permettre une cohabitation harmonieuse entre les deux communautés.

En effet, la validation de ce rapport d’évaluation sera un élément déclencheur des négociations entre le gouvernement et la BM, en vue de la conclusion d’un accord de financement relatif à l’extension de ce projet.

Spécifiquement, le financement additionnel de la BM permettra aux réfugiés de figurer dans le Registre social unique (RSU) et améliorer l’accès à des transferts monétaires pour réduire l’insécurité alimentaire et accroître la productivité des ménages pauvres et vulnérables, y compris les réfugiés. Il s’agit également de fournir l’accès gratuit à des soins de santé aux réfugiés pauvres et vulnérables dans certaines zones, en utilisant des synergies avec le projet santé PDSS. L’autre volet consiste à fournir l’accès à la formation pour la population de jeunes pauvres et réfugiés en collaboration avec le Projet de développement des compétences pour l’employabilité.

Lançant l’atelier, la ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Antoinette Dinga-Dzondo, a indiqué que l’élargissement du projet “Lisungi” aux réfugiés s’inscrivait dans le respect des engagements internationaux que le Congo avait pris. Elle a cité la Convention des Nations unies relative au statut de réfugiés et l’article 49 de la Constitution de la République du Congo. Celle-ci, par exemple, stipule que « tout étranger régulièrement établi sur le territoire national bénéficie des mêmes droits et libertés que les nationaux, dans les conditions déterminées par les traités et lois, sous réserve de réciprocité ».

Bientôt le paiement des nouveaux ménages

« Environ soixante mille réfugiés sont présents sur le territoire congolais. Ils sont majoritairement installés dans la Likouala. Leur présence, vous en doutez, pose plusieurs défis dont ceux liés à l’éducation, à la santé, à l’environnement, à l’alimentation, à l’accès à la terre, à la cohabitation et à la sécurité. Ces défis concernent tous les aspects de la vie des citoyens », a rappelé Antoinette Dinga-Dzondo, précisant que le pays a l’obligation de s’attaquer frontalement aussi bien aux défis sociaux et économiques des réfugiés que ceux de la population hôte.

La ministre a, par ailleurs, profité de cette occasion pour annoncer le démarrage, d’ici à la fin du mois, des opérations de paiement des ménages des départements du Niari, du Pool et des Plateaux. En effet, lancé en 2014 sur une base pilote dans trois départements et sept localités, “Lisungi” s’est étendu dans trois autres départements et neuf localités avec l’inclusion de la population autochtone. Une action rendue possible grâce au financement additionnel de la BM et de l’Agence française de développement.

Le projet couvre actuellement six départements et seize localités, notamment Bacongo, Makélékélé, Moungali, Talangaï, Madibou, Mfilou et Djiri à Brazzaville ; Mvoumvou et Loandjili à Pointe-Noire ; Makoua et Oyo dans la Cuvette; Dolisie I et II, dans le Niari; Nganga-Lingolo dans le Pool ; Gamboma et Ngo, dans les Plateaux. Pour la ministre des Affaires sociales, l’essaimage du projet est inscrit dans le budget 2018 et repris avec force dans le Plan national de développement (2018-2022). “Lisungi” connaît aussi une expansion dans ses composantes.

Outre les transferts directs et la mise en place du RSU, s’ajoutent désormais les activités génératrices de revenus et l’amélioration des services sociaux de base.