Pool : mille quatre cents nouveaux ménages bénéficient du matériel agricole

La ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, a remis à un échantillon de récipiendaires, le 26 avril à Kinkala, un lot du matériel acquis grâce à la collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), sur financement du Fonds central pour les interventions d’urgence des Nations unies.

Composé, entre autres, de pelles, ficelles agricoles, pioches, crocs à fumier, bâches thermiques de serre, asperseurs à secteur, le matériel est destiné à mille quatre cents ménages les plus vulnérables, ciblés dans trente-cinq villages issus de huit districts du département du Pool. Il s’agit notamment de Kinkala, Mbandza-Ndounga, Goma Tsé-Tsé, Mindouli, Mayama, Kimba, Kindamba et Vinza.

Cette opération de distribution, qui s’inscrit dans le cadre du relèvement de la population doit se poursuivre dans les autres localités, a été lancée à Kinkala, en présence des autorités départementales et municipales.
« Nous remercions le président de la République, qu’il ne nous abandonne pas, nous sommes derrière lui. C’est pour la première fois que nous, habitants de Voula, recevons les dons du gouvernement depuis la fin des hostilités. D’habitude, nous venions traîner à Kinkala, donc merci également à la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire ainsi qu’aux Nations unies. Ce que la ministre a dit, c’est vrai, souvent les dons sont détournés », a déclaré la cheffe du village Voula, Zoé Lounienzo.

Outre des kits individuels, les bénéficiaires recevront également du matériel collectif qu’ils vont utiliser dans chaque village ensemble. On peut citer des motopompes, des moulins pour foufou et des serres pour les pépinières.
« Des kits de matériels agricoles, bien que ne contenant pas tout ce que l’on aurait bien voulu apporter aux bénéficiaires, participent de la volonté du gouvernement d’aider la population vulnérable à amorcer le relèvement précoce dans le département du Pool, afin que les ménages qui vont les recevoir, puissent retrouver tant soit peu les capacités de production des vivres dont ils ont besoin pour se nourrir », a expliqué le conseiller au programme gouvernance du Pnud Congo, Joseph Ikoubou.

En dehors du relèvement de la population, cette opération vise à redonner, à la longue, au Pool sa vocation de grenier de Brazzaville. Ainsi, d’autres partenaires comme la FAO apporteront des semences et des formations pour les familles bénéficiaires. Selon Joseph Ikoubou qui a représenté le nouveau représentant résident du Pnud au Congo, Diop Maleye, il s’agit d’une intervention conjointe et multiforme.

Notons que le relèvement constitue une étape importante pour la population cherchant à se refaire après qu’elle a souvent tout perdu à cause d’un conflit. Conscient des cas de détournements souvent rapportés, le Pnud a souhaité que le ministère des Affaires sociales, la préfecture et le conseil départemental du Pool, les sous-préfets ainsi que les comités de dialogue et de réconciliation des huit districts concernés puissent faire preuve d’engagement dans le suivi des ménages bénéficiaires. Le but étant de s’assurer que le matériel livré est bien utilisé à la production des vivres.

S’adressant aux autorités locales, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire a fustigé ce comportement qui déshonore le pays.

« La distribution doit se passer normalement sans que cela n’aille chez les personnes non concernées. Le chef de l’Etat condamne les antivaleurs qui sont ancrées en nous, même les partenaires n’ont plus confiance en nous, c’est honteux. Les partenaires ont utilisé les ONGs par manque de confiance, parce qu’ à plusieurs reprises, les dons sont soit détournés, soit remis mais moyennant contrepartie », a rappelé Antoinette Dinga-Dzondo, avertissant qu’elle tenait à vérifier les noms des bénéficiaires et les cahiers.

En effet, pour contourner cette mauvaise façon de faire des Congolais, le Pnud a fait recours à l’ONG Acted pour la phase d’identification des villages et des familles. Pour la distribution, c’est Action de secours d’urgence et de développement humain qui va en assurer.

« J’espère que vous n’allez pas faire ce que vous nous reprochez ; donnez aux bénéficiaires. Après la distribution, le ministère, les Nations unies et la Commission ad hoc mixte paritaire vont passer pour vérifier », a conclu la ministre.