Lancement du programme de protection sociale en faveur des populations autochtones de la Lékoumou

Le programme conjoint, gouvernement-agences des Nations unies, visant à faciliter l’accès des populations autochtones aux services sociaux de base a été lancé, le 24 février, à Sibiti par la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo.

Le programme d’amélioration de l’accès des populations autochtones à la protection sociale vient accompagner la volonté du gouvernement d’assurer la protection sociale de l’ensemble des citoyens, et notamment l’extension des systèmes de protection sociale en zone rurale. Il bénéficie du financement d’un milliard de francs CFA pendant deux ans provenant du Fonds Conjoint pour les ODD. Les agences récipiendaires desdites ressources sont le PAM, l’UNICEF et l’OMS.  Ce financement permettra de renforcer l’accès des populations autochtones aux services de santé, d’éducation, à l’état civil et aux terres.

Les acteurs chargés d’exécuter ce programme sont tenus de présenter les premiers résultats dans quatre mois.  Face à cette impératif de reddition de compte,  la Ministre des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire a appelé les acteurs impliqués à ne plus perdre du temps pour atteindre les résultats escomptés en soulignant ce que le pays peut en tirer comme bénéfice : « Nous devons montrer ce dont le Congo est capable pour bénéficier des financements supplémentaires qui permettront d’étendre le programme sur toute l’étendue du territoire national, notamment dans la Likouala, la Sangha, le Niari et d’autres localités où vivent les populations autochtones dans l’attente de l’amélioration de leur protection sociale » Le département de la Lékoumou est ainsi un laboratoire dont des bons résultats permettront audit programme de s’étendre à d’autres départements du pays qui abritent les populations autochtones.

S’agissant du choix des populations autochtones comme bénéficiaires du programme, la représentante de l’Unicef Micaela Marques De Souza, représentant le coordonnateur du système des Nations unies, a souligné que :« 65% d’enfants autochtones ne sont pas scolarisés, 40% souffrent de malnutrition chronique, plus de 50% d’entre eux n’ont pas d’acte de naissance ». Le programme qui vient d’être lancé devrait donc permettre d’améliorer ces indicateurs jugés alarmants en renforçant les capacités des services de protection sociale en faveur des populations autochtones, de réformer l’offre et de générer une demande de services sociaux de qualité.

Le choix de la Lékoumou comme lieu d’implémentation du programme s’explique par : la forte concentration des populations autochtones (25% de la population), le niveau élevé de pauvreté (4 habitants sur 5 du département vivent sous le seuil de la pauvreté), l’existence du projet “système intégré de protection de l’enfance” mis en œuvre par l’UNICEF. A cela il faut ajouter l’accessibilité, ce qui n’aurait pas été possible pour la Likouala, autre département prétendant au même programme.

Madame le Préfet de la Lékoumou, Micheline Nguessemi, s’est réjoui du choix porté sur le département dont elle a la charge. Elle a ainsi salué la volonté de l’exécutif et de ses partenaires de mettre en œuvre ce genre de projets pour ne laisser aucune couche sociale au bord de la route. « Cette vision d’équité sociale mérite d’être acclamée », a-t-elle déclaré.

Enfin, le Congo a été choisi parmi soixante-quinze pays ayant postulé auprès du Fonds des Nations Unies pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable pour bénéficier du financement du programme d’amélioration de l’accès des populations vulnérables à la protection sociale.