Le Projet Lisungi lance une mise en garde aux faussaires

Il y a des citoyens qui, ne remplissant aucun critère, apportent des fausses preuves pour bénéficier des fonds du projet destinés à financer les activités génératrices de revenus des personnes pauvres et vulnérables pour les sortir de la précarité. Tout devrait donc être mis en œuvre pour barrer la route aux tricheurs.

Le projet Lisungi financera huit mille projets générateurs de revenus cette année. L’enveloppe destinée aux micro-projets ne dépassera pas la somme de 250 000 FCFA par projet. Les bénéficiaires ne sont autres que les personnes pauvres et vulnérables.

Pour éclairer la lanterne de tous sur ce que l’on entend par personne ou ménage pauvre, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo, a expliqué, lors d’une conférence tenue récemment à Brazzaville : « Le seuil de pauvreté alimentaire est d’environ 617 FCFA, le seuil de pauvreté non alimentaire 317 FCFA. Le seuil global de pauvreté est quant à lui estimé à 994 FCFA ». Ce sont, à dire vrai, des ménages concernés par le seuil de pauvreté ici évoqué qui sont de vrais bénéficiaires des fonds du projet Lisungi.

Malheureusement, lors de l’inscription, il y a même des fonctionnaires ou plusieurs autres catégories de citoyens ou ménages, vivant largement au-dessus du seuil de pauvreté, qui figurent parmi les bénéficiaires. La ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire en a donné des exemples suffisamment illustratifs.

À Dolisie, dans le département du Niari, a-t-elle rapporté, lors de l’identification, environ deux mille six cents  ménages ont été enregistrés. Après enquête, seulement deux cent soixante-onze ont été retenus. « Il y a certaines personnes qui ont changé de localité, à la recherche des cabanes ou des huttes, juste pour apporter la preuve qu’elles sont pauvres », a fait savoir Antoinette Dinga Dzondo.

Preuve d’une volonté affichée de la part de certains citoyens de tromper la vigilance des équipes déployées sur le terrain pour les inscriptions des personnes et ménages pauvres, vulnérables. Les cas de complicité entre les deux parties sont, par ailleurs, pointés du doigt. « On a eu beaucoup de cas où les gens ont été inscrits tout en sachant qu’ils ne sont pas éligibles », a déploré la ministre des Affaires sociales.

« Nous serons davantage rigoureux dans la sélection », a laissé entendre Antoinette Dinga Dzondo. Après la sélection et l’identification, il y a des enquêtes qui sont menées pour détecter les faussaires et les écarter. C’est ce qui a, d’ailleurs, permis antérieurement de rattraper les erreurs qui se sont glissées. « Vous devez tout faire pour que seuls les vrais bénéficiaires soient sélectionnés, bien suivis afin qu’ils sortent de la précarité et qu’ils laissent place à de nouvelles inclusions », a-t-elle indiqué, lors de la formation des acteurs chargés de la mise en œuvre du Programme des activités génératrices de revenus.

Des mesures devraient être plus coercitives à l’égard des citoyens malhonnêtes pour faux et usage de faux lorsqu’ils sont détectés afin de mieux les dissuader à emprunter des raccourcis pouvant porter entorse au succès de ce projet salvateur pour les plus démunis. La conscience citoyenne devrait, en outre, les disposer à ne pas s’y engager d’autant qu’ils sont conscients de ce qu’ils ne remplissent aucun critère pour bénéficier des fonds alloués au projet Lisungi. La vision du gouvernement, a insisté la ministre, est de porter ce projet à l’échelle. Mais il ne faut pas pour autant que les fraudes soient elles aussi portées à l’échelle.