Projet Lisungi : les familles vulnérables sortent peu à peu de la précarité

Plusieurs bénéficiaires des allocations du projet Lisungi réalisent avec succès des micro-projets qui améliorent progressivement leurs conditions de vie. Dans les circonscriptions d’action sociale de l’arrière-pays, certains d’entre eux ont donné de la voix pour témoigner.

Le projet Lisungi dont l’objectif principal est de mettre fin à la transmission intergénérationnelle de la pauvreté porte des fruits au sein des couches sociales défavorisées et vulnérables concernées auxquelles ledit projet est dédié même si beaucoup reste à faire. Dans les circonscriptions d’action sociale de l’intérieur du pays, les conditions de vie de plusieurs bénéficiaires s’améliorent peu à peu grâce aux fonds qui leur sont alloués, soit 250 000FCFA par micro-projet éligible, pour réaliser des activités lucratives qu’ils réussissent à diversifier. Les témoignages recueillis sur le terrain concernant les activités réalisées grâce à ce projet en disent long.

« En dehors du charbon, j’ai étendu mon commerce à la vente de maniocs. Je suis désormais capable de soigner mes enfants, de les envoyer à l’école avec toutes les fournitures scolaires nécessaires. Les bénéfices que je réalise me permettront à court terme de changer la toiture de ma maison faite de paille pour améliorer davantage mes conditions de vie », a expliqué Emilie Okoundou, mère de six enfants vivant à Oyo, dans le département de la Cuvette.

Dans le département des Plateaux, Edith Césarine Dinga mère de quatre enfants a abondé dans le même sens. Avec ses propres moyens, elle s’est lancée dans le commerce. Au marché de Gamboma, elle vendait des vivres à terre faute de moyens pour disposer d’une table. Edith Césarine Dinga a fait faillite à cause des charges familiales trop pesantes. Grâce aux allocations du projet Lisungi, la commerçante a relancé ses activités qui lui permettent aujourd’hui de sortir progressivement de l’ornière. Par ailleurs, dans le district de Ngo Célestine Eko s’est lancée dans le commerce des produits alimentaires de première nécessité avant de commencer à cultiver un hectare de champs de maniocs. Dominique Mayembo, dans la même localité, a réussi à relancer son élevage de moutons et de cabris. De quatre têtes, il est passé à trente-six.

À dire vrai, la majorité des bénéficiaires du projet Lisungi ont compris que la bonne gestion des fonds alloués à travers la réalisation des activités génératrices de revenus leur permettra d’améliorer leurs conditions de vie. Ainsi, progressivement le pays réussira à réduire le taux de pauvreté. Selon les chiffres donnés il y a quelques mois par la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo, au niveau national il y a 46,5% de ménages pauvres. Au niveau des départements, le taux dépasse les 78%. Les poches de grande pauvreté existe même si la moyenne nationale varie entre 25 et 30%.

Gouvernement et parlement sur le projet Lisungi

Dans son discours sur l’état de la nation en décembre dernier, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a annoncé que cette année le projet Lisungi  entend soutenir huit mille projets générateurs de revenus. En mars de l’année en cours, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire a indiqué, dans une conférence de presse tenue à Brazzaville, que les fonds alloués estimés à plus de deux milliards pour le financement n’attendaient plus que les porteurs de projets avec 9366 ménages déclarés éligibles représentants 46763 bénéficiaires des transferts monétaires.

Le 25 du mois en cours, la ministre Antoinette Dinga Dzondo a été face aux députés membres de la Commission Economie et Finance pour les édifier sur le niveau d’exécution financière et l’impact du projet Lisungi. La ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire a fait le même travail au Sénat. Dans ces échanges avec les parlementaires, Antoinette Dinga Dzondo a plaidé pour la mobilisation des ressources afin de manifester la solidarité de la République envers les compatriotes pauvres et vulnérables.

Le secteur privé appelé a contribuer à l’amélioration de la situation de l’enfant

En séjour au Congo, la chanteuse sud-africaine Yvonne Chaka Chaka, Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef a été reçue cette matinée en audience par la Ministre des affaires Sociales et de l’Action Humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo. Cette rencontre s’est déroulée en présence de la Représentante de l’Unicef au Congo Micaela Marques de Sousa. Les questions du bien-être des enfants étaient au centre de cet entretien entre les deux personnalités.

L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef est venue présentée à la ministre en charge des affaires sociales l’objet de sa mission au Congo. Cette visite de cinq jours a pour unique objectif la mobilisation du secteur privé congolais afin qu’il contribue à l’amélioration de la situation de l’enfant.

En effet, Yvonne Chaka Chaka est au Congo pour impulser une nouvelle dynamique dans le cadre de la gestion des questions de l’enfance à travers l’implication du secteur privé et de la société civile. Pour elle, le secteur privé qui joue un rôle important dans le développement du pays doit investir dans les secteurs contribuant au bien-être des enfants comme la santé, l’éducation et la protection. Enfin, toujours selon l’Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, les questions relatives à l’enfance ne doivent plus être l’apanage des seuls gouvernants.

Pour madame Antoinette Dinga-Dzondo, si des nombreux efforts ont déjà été fournis par le gouvernement congolais sur le plan législatif et juridique ainsi que dans la mise en place des mécanismes avec des partenaires pour la gestion efficace de la situation de l’enfant, les défis quant à eux demeurent encore nombreux. Des efforts doivent conjuguer par tous pour améliorer la situation de l’enfant au Congo et l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable (ODD). Ainsi, La Ministre a déclaré que son département était prêt à travailler avec tous les partenaires possibles.

La célébration en novembre prochaine du 30ème anniversaire de la Convention relative aux Droits des Enfants (CDE) a figuré aussi au menu de cet entretien ; à ce propos, la Représentante de l’Unicef au Congo a présenté la série d’activités déjà lancées par son organisation et le gouvernement depuis l’année dernière dans le cadre de cette célébration. Cette dernière sera l’occasion pour les parties prenantes de faire l’évaluation de la mise en œuvre de la CDE au Congo.

Le séjour d’Yvonne Chaka Chaka se poursuivra sa visite à Pointe-Noire où elle s’entretiendra avec le secteur privé de la capitale économique. Rappelons que c’est depuis 2005 que la chanteuse sud-africaine, qui dispose d’une fondation dénommée Fondation Princesse de l’Afrique, a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef.

Projet lisungi : le versement des allocations suspendu à Mfilou

Le ministère des Affaires sociale et de l’action humanitaire a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre le versement des allocations à tous les ménages bénéficiaires du Projet lisungi, un système de filets sociaux, dans l’arrondissement 7, Mfilou.

La décision fait suite aux cas de fraudes, de faux et usage de faux orchestrés par certains acteurs sociaux auprès de seize bénéficiaires des quartiers Case Barnier et Kahounga.

L’information a été donnée le 22 juillet, par la responsable de transferts sociaux, Anasthasie Ossangatsama, lors d’une réunion avec les chefs de quartier et l’administrateur maire de Mfilou, Jean Marie Zinga Ondemba.

La rencontre avait pour objectif de les sensibiliser et de les informer des mesures conservatoires prises pour déceler les auteurs de ces actes à travers une enquête approfondie de l’Inspection générale de l’Etat.

Anasthasie Ossangatsama explique que le contrôle interne au sein du projet a permis de suspecter les ménages non conformes au projet identifiés par un réseau de personnes mal intentionnées. Le réseau, poursuit-elle, avait perçu le financement au nom des bénéficiaires. « L’arrondissement 7, Mfilou, compte plus de ménages que les autres localités, avec 1645 bénéficiaires. Il ne percevra pas les allocations qui seront payées dans les prochains jours car nous voulons corriger le dysfonctionnement à travers les mesures conservatoires prises afin de clarifier toute la situation », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté à cette même occasion que cette suspension a été également appliquée au responsable suivi et évaluation locale du projet à Mfilou. « Mfilou a été choisi pour accompagner le projet lisungi dans son extension avec les autres localités. Malheureusement beaucoup de dysfonctionnements y ont été observés, avec des comportements qui n’honorent pas l’administration ainsi que la population », a déploré la responsable des transferts.

Le maire de Mfilou, Jean Marie Zinga Ondemba, a décrié le comportement malsain de sa population avant de demander au projet de mener l’enquête afin de rattraper les auteurs de ces actes. Selon lui, les accusations faites à Mfilou sont vraies car dans la localité de Bimé des ménages fictifs ont été enrôlés pour ce projet. « Réalisez l’enquête jusqu’au bout même si c’est une autorité qui a dupé le projet de l’Etat. En cas de résistance, veuillez m’informer afin que les services de sécurité soient saisis », a-t-il déclaré.

Notons que le gouvernement avait reçu le financement de l’Agence française de développement dans le cadre de la mise en œuvre du projet lisungi. Ce financement a permis l’extension du projet dans quatre nouvelles localités, notamment Mfilou, Madibou, Djiri et Loandjili à Pointe-Noire.

Relance de la pisciculture à Mayama dans le Pool

Grâce à un don de deux millions de dollars, soit plus d’un milliard francs CFA offert au Programme alimentaire mondial (PAM), plus de cinq cents étangs piscicoles et près de 100 km de pistes rurales sont actuellement en cours de réhabilitation dans le département.

Pour se rendre compte du niveau d’exécution des travaux de réhabilitation de quatre-vingt-cinq étangs piscicoles dans la sous-préfecture de Mayama, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo; l’ambassadeur de Chine au Congo, Ma Fulin; et le représentant du PAM, Jean-Martin Bauer, étaient le 6 juillet au chef-lieu de ce district. Cette délégation à laquelle s’est joint le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Congo, Cyr Modeste Kouamé, a fait un don de vivres et non-vivres à la population locale.

Sur place, elle a pu visiter un des quinze sites des étangs. Confiés à l’ONG APDRA-pisciculture paysanne, les travaux ont consisté, entre autres, en la réouverture et au balayage des sites envahis par les herbes après deux ans de conflit armé. Au niveau du site visité, le travail concerne la remise en état des digues. Cédés à un groupement, ces étangs appartenant à l’Etat avaient été construits de façon traditionnelle depuis 1974. Dès qu’ils seront réhabilités, il sera attendu d’eux près de vingt-deux tonnes tous les six mois, à compter de janvier 2020.

 « Nous prévoyons la fin des travaux et la mise en eau autour du 20 juillet, l’empoissonnement interviendra autour du 28 juillet. Pour l’instant, il est prévu de mettre des tilapias, mais avec l’évolution des techniques piscicoles, il y a possibilité de faire de la polyculture. Donc nous allons commencer à les sensibiliser à cette polyculture en mettant à peu près 70% de tilapias et 30% de nouvelles espèces que nous allons apporter », a expliqué le représentant d’APDRA-pisciculture paysanne Au Congo, Daouda Bambara, précisant que toutes les espèces existent déjà dans le milieu naturel congolais.

Notons que, outre Mayama, cette ONG est également chargée de réhabiliter les étangs à Kindamba, Vinza, Kimba et Mindouli.

Le représentant du PAM au Congo, Jean-Martin Bauer, a rappelé qu’une enquête réalisée en mai dernier démontre que dans les districts du pays dit de Mpangala, plus d’un ménage sur deux ne mange pas à sa faim. Ceci à cause de la dégradation et l’abandon des infrastructures productives entre 2016 et 2018. De même, un enfant sur dix souffre de malnutrition aigüe. « Il est impératif de relancer l’agriculture dans ce qui fut le grenier du pays. L’appui de la Chine dont nous marquons la réception ce jour tombe à point nommé. Les étangs piscicoles de Mayama que nous voyons étaient, il y a peu, soit à l’abandon, soit envasés, soit asséchés. Dans quelques mois, les pisciculteurs de Mayama auront du poisson, leur première production depuis 2016 », a-t-il espéré.

Selon lui, les travaux en cours dans le département du Pool, grâce au don de la République populaire de Chine, au-delà de leurs retombées tangibles, sont aussi porteurs d’espoir, de projets individuels et collectifs, contribuant à la réconciliation et à étayer la paix. « Si la population de Mayama et du Pool se mobilise aujourd’hui pour prendre en main son avenir, c’est aussi grâce à vos efforts. Si la pisciculture familiale à Mayama reprend, c’est parce que le gouvernement congolais et la République populaire de Chine ont su conjuguer leurs efforts pour bâtir un monde meilleur », a conclu Jean-martin Bauer, saluant cet engagement.

Réceptionnant un échantillon du don, le sous-préfet de Mayama, Bernard Ndoulou, s’est félicité de l’appui du gouvernement et de ses partenaires consistant à accompagner les habitants du Pool dans la relance des activités économiques.  Foulant pour la toute première fois le sol de ce département, l’ambassadeur de Chine au Congo a indiqué que cette visite consistait à faire le point des activités menées avant de prévoir d’autres dans l’avenir. « Je suis venu aujourd’hui avec un sentiment complet. Je suis heureux de voir qu’après une certaine période de problèmes, la stabilité et la paix sont en train de revenir dans le département du Pool. Les activités économiques et sociales commencent à se reprendre… », a déclaré Ma Fulin.

Conduisant la délégation, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire a rappelé aux partenaires que Mayama faisait partie des quatre localités qui étaient inaccessibles en 2016 et 2017. « Il y avait aussi Kimba, Vinza et Kindamba, mais depuis décembre 2017, la paix est effective à Mayama. Nous étions venus ici avec l’ambassadeur de Turquie pour apporter la première assistance. Pour nous, la paix est effective. Je vous transmets la reconnaissance du gouvernement pour le travail que le PAM et le HCR font sur le terrain », a souligné Antoinette Dinga-Dzondo. Elle a invité les bénéficiaires à capitaliser les acquis de l’ONG APDRA-pisciculture paysanne afin que le poisson de Mayama puisse être aussi vendu à Brazzaville.

Une analyse pour améliorer la situation des droits des enfants congolais

Le Premier ministre Clément MOUAMBA a patronné ce 13 juin à Brazzaville la cérémonie relative à la publication de l’analyse de la situation des enfants et adolescents en République du Congo;  document qui met en relief les avancées réalisées concernant la protection des droits des enfants tout en soulignant que plus d’un million d’entre eux souffrent d’au moins trois formes de privations.

L’objectif de l’analyse de la situation des enfants et adolescents au Congo menée conjointement par le gouvernement et L’UNICEF en 2018 a été de déterminer la nature et l’ampleur des privations subies par les enfants en matière de santé, de nutrition, de l’éducation, de la protection et de plusieurs autres services sociaux de base. Cette analyse de la situation des enfants et adolescents a été faite suivant l’approche dite « par cycle de vie ». Elle relève des vulnérabilités spécifiques à chaque tranche d’âge, notamment de zéro à 5 ans, de 5 à 11 ans jusqu’à 18 ans.

Selon cette étude, ces privations sont imputables, entre autres, à la faible mise en œuvre des politiques sectorielles, à l’insuffisance de budget pour la mise en œuvre des politiques sociales inclusives, l’inégale répartition des infrastructures, la sensibilisation limitée aux droits de l’enfant…

Pour la Représentante de l’Unicef au Congo, Micaela Marques de Sousa, malgé des nombreux progrès réalisés par le gouvernement, notamment dans le domaine de l’accès à l’éducation, à la santé et de la protection contre des violences, beaucoup reste encore à faire et nécessite l’engagement et l’action de tous les acteurs.

Micaela Marques de Sousa a souligné que « cette analyse contribue à apporter des réponses utiles pour appuyer le gouvernement dans la mise en œuvre des politiques publiques visant la réalisation des Objectifs de développement durable, conformément à la promesse de ne laisser aucun enfant de côté et d’aider en premier les plus vulnérables.» Aussi a-t-elle lancé un appel solennel à tous ceux dans les actions peuvent contribuer à la réalisation des droits et du bien-être de l’enfant à se joindre au gouvernement afin de bâtir un environnement protecteur en faveur des enfants au Congo.

La voix des enfants du Congo s’est fait aussi entendre par l’entremise du vice-président du Parlement des enfants, Ama Ondzoto à travers cette sollicitation: “nous sollicitons votre attention sur la situation globale des enfants et des adolescents au Congo et faisons également le plaidoyer en faveur de certains enfants, en particulier ceux issus des minorités autochtones, les enfants vivant avec  handicap qui sont victimes des privations sociales, sanitaires et juridique.”

Dans le but de renforcer les mesures de protection des droits de l’enfant au Congo, le système des Nations unies s’est dit disposé à accompagner le pays en proposant la mise en place de paquets de services adaptés aux différentes phases de l’enfance et de l’adolescence. « L’équipe pays des Nations unies ne ménagera aucun effort pour accompagner le gouvernement sur la voie de l’accélération de l’atteinte des Objectifs de développement durable en vue d’améliorer les conditions de vie de la population, en particulier les plus vulnérables y compris nos enfants », a rassuré la coordonnatrice du système des Nations unies au Congo, Suze Percy Filipini.

Recevant le document final de l’analyse de la situation des enfants et des adolescents au Congo, le Premier ministre, Clément Mouamba, a renouvelé la volonté du gouvernement de travailler résolument en vue d’assurer un meilleur avenir au pays à travers le capital humain. « Je suis convaincu que les planificateurs nationaux sauront prendre en compte l’analyse et la perspective du cycle de vie et les recommandations issues de ce rapport pour faire avancer l’accès aux services sociaux ainsi que la qualité des services offerts par l’adaptation de ces services à l’âge des ayants-droit. Ceci ne peut qu’enrichir l’impact des orientations stratégiques du Plan national de développement », a fait savoir le chef du gouvernement.

La publication de l’analyse de la situation des enfants et adolescents en République du Congo coïncide avec une double célébration cette année. La première étant celle du 16 juin célébrant la 29ème édition de la   journée de l’Enfant Africain sous le thème: “l’action humanitaire en Afrique: les droits de l’enfant avant tout.” La seconde qui aura lieu le 30 novembre de cette année sera consacrée aux 30 ans de la Convention relative aux Droits des Enfants.

Des kits agricoles pour les ménages du Pool

Le matériel destiné aux bénéficiaires a été remis symboliquement, le 28 mai à Brazzaville, à la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, par le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Maleye Diop.

Le don s’inscrit dans le cadre du lancement de la deuxième phase de distribution du matériel agricole aux ménages en situation de vulnérabilité. Le lot est composé, entre autres, de motopompes, moulins pour foufou, tuyaux d’aspiration d’eau, tuyaux d’arrosage, ombrières et bâches thermiques de serres, doubles paires d’arceaux de jardin pour le montage de serres de 2,20m…

Il s’agit des équipements agricoles à usage collectif et seront destinés aux différentes communautés reparties dans huit districts du Pool, à savoir Goma Tsé-Tsé, Mbandza-Ndounga, Kinkala-district, Mindouli, Kimba, Mayama, Kindamba et Vindza.

Ce don aidera ces personnes vulnérables à retrouver les capacités de refaire leurs plantations détruites durant le conflit armé de 2016. « L’appui du Pnud pour cette opération est ponctuel et s’inscrit dans le cadre du développement. Nous espérons que ce matériel sera utilisé à bon usage et aidera la population bénéficiaire à reconstruire progressivement son actif agricole », a souligné Maleye Diop.

Financée par le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (Cerf), cette assistance vise à contribuer au retour de la paix et de la cohésion sociale dans cette partie du Congo. Elle vise également à rétablir le dialogue communautaire et à permettre la relance les activités économiques locales. La distribution de ces outils est confiée à l’ONG Action de secours d’urgence et de développement humanitaire (Asudh).

La formation des bénéficiaires constitue un autre défi, estime-t-on du côté du gouvernement. « La culture sous cerf est une nouvelle façon de travail plus productive mais, elle nécessite une formation. Pour cela, l’Asudh nous aidera dans la distribution et la formation de la population pour l’installation, l’utilisation, l’entretien et la maintenance de ces nouveaux équipements », a indiqué Antoinette Dinga-Dzondo

Notons que la première phase de l’opération de distribution du matériel avait eu lieu le 26 avril dernier, à Kinkala, le chef-lieu du  département du Pool.

Une cinquantaine de prestataires recrutés pour servir dans les CAS dans le cadre du Projet Lisungi

Cinquante-huit finalistes de l’Institut national du Travail Social (INTS) ont été engagés comme prestataires, pour une durée d’un an, afin de combler le déficit en personnel dans l’exécution du projet Lisungi dont l’objectif est de sortir la population vulnérable de la précarité.

Les prestataires recrutés seront déployés dans les Circonscriptions d’Action Sociale (CAS) des départements de Brazzaville (Bacongo, Djiri, Makélékélé, Mfilou, Moungali et Talangaï), de la Cuvette (Oyo et Makoua), du Niari (Dolisie), des Plateaux (Ngo et Gamboma), Pointe-Noire (Mvou-Mvou et Loandjili) et du Pool (Goma Tsé-tsé précisément à Nganga Lingolo) où s’exécute le projet Lisungi, à partir du 22 mai courant. Comme tâches, Ils réaliseront les enquêtes auprès des ménages, participeront au suivi du respect des conditionnalités par les ménages, gérerons la base de données du Registre Social Unique (RSU), traiteront les données d’enquête, etc.

S’exprimant à cette occasion, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette DINGA-DZONDO, a souligné que la présente initiative permettra de résorber le problème du déficit en personnel de terrain dans les CAS. Depuis plusieurs années les effectifs ne font que dégraisser au niveau des structures opérationnelles dont les CAS en raison des nombreux départs à la retraite et changement d’administration.

Par ailleurs, la ministre a mis en garde les prestataires sur les conséquences des mauvaises pratiques qui pourront advenir en ces termes : « Vous serez jugés aux résultats. Si vous ne travaillez pas bien, le contrat sera rompu. Si j’entends que vous avez pris de l’argent pour vite traiter le dossier de tel ou tel ménage vous serez virés. Ceux qui l’ont fait ont subi le même sort. Les critères de sélection sont définis, ils sont à respecter.» Toutefois, elle n’a pas manqué de souhaiter plein succès aux prestataires.

Pour le coordonnateur du projet Lisungi, Alfred Constant KIAKOUAMA, les anciens étudiants de l’INTS ne seront pas du tout en terrain inconnu puisqu’ils ont été régulièrement utilisés dans les activités du projet. Aussi ajoute-t-il que ces prestataires sont aujourd’hui aptes à assumer les tâches qui leurs sont dévolues dans les CAS dans le cadre du projet dont il a la charge. Par le passé, a-t-il rappelé, le déploiement des agents de terrain et la gestion du registre social unique ont soumis à rude épreuve par manque d’effectifs.

Il sied de souligner que le Projet Lisungi, Système de Filets Sociaux, est un projet du gouvernement congolais avec l’appui de la Banque Mondiale lancé en 2015. Aujourd’hui ce projet bénéficie de l’appui financier de l’Agence Française de Développement (AFD). C’est cette dernière qui prendra en charge la rémunération des prestataires pendant une année.

Le Conseil des personnes vivant avec handicap consultatif s’imprègne de son cadre juridique

Un atelier de renforcement des capacités réunira les membres du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap (CCPVH), le 12 avril à Brazzaville, a indiqué le secrétaire permanent de la structure, Jean de Dieu Goma, au sortir de l’audience avec la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo.

« La séance de travail permettra aux membres du Conseil de s’imprégner des différents textes qui le régissent », a expliqué Jean de Dieu Goma. Il a également indiqué que le CCPVH tiendra sous peu sa session inaugurale sans révéler de date.

Jean de Dieu Goma a, par ailleurs, salué la collaboration avec le ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire qui les accompagne dans la réalisation de leur  feuille de route comme le témoigne la rencontre avec la ministre Antoinette Dinga Dzondo, le 11 avril. Les principales missions du CCPVH sont d’émettre des avis dans sa vocation consultative et faire des suggestions au gouvernement pour une meilleure prise en compte des personnes vivant avec handicap.

En rappel, le président de la République a nommé par décret n°2019-11, du 14 janvier 2019, les autres membres du CCPVH. Ils sont au total cent trois dont soixante-quatre ont une voix élective et les autres issus des différents ministères et organes étatiques possèdent une voix consultative. À la différence d’autres institutions constitutionnelles, les membres à voix élective ont été sélectionnés après des élections catégorielles.

Don additionnel de la Chine aux déplacés du Pool

L’ambassadeur chinois, Ma Fulin, a mis à la disposition du ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire du matériel aratoire qui aidera les déplacés, de retour dans leurs localités, de poursuivre la relance des activités agricoles.

« Ce n’est pas pour la première fois que la Chine nous aide dans le cadre du plan de relèvement des familles relogées du Pool », a rappelé la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, recevant le don supplémentaire de l’ambassade de Chine, le 27 mars, à Brazzaville.

Un don qui complète les kits du matériel aratoire que la Chine a récemment mis à la disposition des familles relogées pour accroître leur capacité de production agricole qui leur ouvrira les portes de l’autonomie tant souhaitée.

L’ambassadeur de Chine a indiqué que son pays ne s’arrêtera pas là. « Nous allons continuer à faire ce genre d’actions d’une manière ou d’une autre », a-t-il laissé entendre.

Pour sa part, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire estime que le Congo n’est pas seul à agir en faveur de la population du Pool. Ses partenaires sont de beaucoup dans le cadre de l’assistance humanitaire et la Chine en est un.

En février dernier, le don fait par la Chine, estimé à soixante et un millions de francs CFA, a été mis à la disposition de dix-neuf coopératives des localités et des ménages.  Selon la ministre,  la relance des activités agricoles va bon train et les étangs piscicoles sont en cours de réhabilitation. Par rapport aux besoins pressants de la population, elle verra dans quelle localité du département du Pool sera acheminé le don reçu le 27 mars.

Le Projet Lisungi lance une mise en garde aux faussaires

Il y a des citoyens qui, ne remplissant aucun critère, apportent des fausses preuves pour bénéficier des fonds du projet destinés à financer les activités génératrices de revenus des personnes pauvres et vulnérables pour les sortir de la précarité. Tout devrait donc être mis en œuvre pour barrer la route aux tricheurs.

Le projet Lisungi financera huit mille projets générateurs de revenus cette année. L’enveloppe destinée aux micro-projets ne dépassera pas la somme de 250 000 FCFA par projet. Les bénéficiaires ne sont autres que les personnes pauvres et vulnérables.

Pour éclairer la lanterne de tous sur ce que l’on entend par personne ou ménage pauvre, la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo, a expliqué, lors d’une conférence tenue récemment à Brazzaville : « Le seuil de pauvreté alimentaire est d’environ 617 FCFA, le seuil de pauvreté non alimentaire 317 FCFA. Le seuil global de pauvreté est quant à lui estimé à 994 FCFA ». Ce sont, à dire vrai, des ménages concernés par le seuil de pauvreté ici évoqué qui sont de vrais bénéficiaires des fonds du projet Lisungi.

Malheureusement, lors de l’inscription, il y a même des fonctionnaires ou plusieurs autres catégories de citoyens ou ménages, vivant largement au-dessus du seuil de pauvreté, qui figurent parmi les bénéficiaires. La ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire en a donné des exemples suffisamment illustratifs.

À Dolisie, dans le département du Niari, a-t-elle rapporté, lors de l’identification, environ deux mille six cents  ménages ont été enregistrés. Après enquête, seulement deux cent soixante-onze ont été retenus. « Il y a certaines personnes qui ont changé de localité, à la recherche des cabanes ou des huttes, juste pour apporter la preuve qu’elles sont pauvres », a fait savoir Antoinette Dinga Dzondo.

Preuve d’une volonté affichée de la part de certains citoyens de tromper la vigilance des équipes déployées sur le terrain pour les inscriptions des personnes et ménages pauvres, vulnérables. Les cas de complicité entre les deux parties sont, par ailleurs, pointés du doigt. « On a eu beaucoup de cas où les gens ont été inscrits tout en sachant qu’ils ne sont pas éligibles », a déploré la ministre des Affaires sociales.

« Nous serons davantage rigoureux dans la sélection », a laissé entendre Antoinette Dinga Dzondo. Après la sélection et l’identification, il y a des enquêtes qui sont menées pour détecter les faussaires et les écarter. C’est ce qui a, d’ailleurs, permis antérieurement de rattraper les erreurs qui se sont glissées. « Vous devez tout faire pour que seuls les vrais bénéficiaires soient sélectionnés, bien suivis afin qu’ils sortent de la précarité et qu’ils laissent place à de nouvelles inclusions », a-t-elle indiqué, lors de la formation des acteurs chargés de la mise en œuvre du Programme des activités génératrices de revenus.

Des mesures devraient être plus coercitives à l’égard des citoyens malhonnêtes pour faux et usage de faux lorsqu’ils sont détectés afin de mieux les dissuader à emprunter des raccourcis pouvant porter entorse au succès de ce projet salvateur pour les plus démunis. La conscience citoyenne devrait, en outre, les disposer à ne pas s’y engager d’autant qu’ils sont conscients de ce qu’ils ne remplissent aucun critère pour bénéficier des fonds alloués au projet Lisungi. La vision du gouvernement, a insisté la ministre, est de porter ce projet à l’échelle. Mais il ne faut pas pour autant que les fraudes soient elles aussi portées à l’échelle.