Aide humanitaire dans le Pool : la Chine veut s’enquérir de la situation sur le terrain

En séjour au Congo, une délégation du ministère chinois du Commerce se rend, ce 20 avril, à Mindouli, pour voir comment sont gérés ses trois milliards FCFA affectés à travers le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés HCR).

Le gouvernement de la République population de Chine a octroyé, en octobre dernier, une enveloppe de six millions de dollars, soit trois milliards FCFA, dans le cadre du plan de réponse humanitaire en faveur des déplacés du Pool. S’inscrivant dans le cadre du Fonds d’aide pour la coopération sud-sud, les trois milliards FCFA ont été équitablement répartis entre le HCR et le PAM.

En effet, avec les trois millions de dollars reçus, soit 1,5 milliard FCFA, le PAM devrait acheter plus de 2 300 tonnes de vivres pour continuer l’assistance en distribution des aliments durant six mois. Cette contribution permettrait aussi d’améliorer la situation nutritionnelle de 80 000 enfants de moins de 5 ans et de plus de 12 000 femmes enceintes et allaitantes. Ceci en leur fournissant des aliments nutritionnels spécifiques pour le traitement et la prévention de la malnutrition.

Pour se rendre compte de la façon dont ces fonds sont gérés, une mission, conduite par la responsable de l’académie chinoise du commerce international et de la coopération économique du ministre chinois du Commerce, Xiaojing Mao, séjourne au Congo. Avant d’effectuer le déplacement de Mindouli, cette délégation a eu, le 19 avril, une séance de travail avec la partie congolaise.

Selon le représentant du PAM au Congo, Jean-Martin Bauer, le programme a deux volets principaux : la distribution des produits alimentaires et l’appui nutritionnel. Actuellement, 69% de la somme reçue ont été engagéS et tous les produits alimentaires sont sur le territoire congolais. « Nous sommes ravis d’aller avec la délégation chinoise et la partie congolaise sur le terrain pour voir comment se déroule le programme. C’est un programme multilatéral avec plusieurs bailleurs de fonds dont la Chine. Je peux vous rassurer que les résultats sont là. En mai 2017, les évaluations montraient que 51% de déplacés du Pool étaient en situation d’insécurité alimentaire. Lors de l’enquête pour distribution, réalisée en janvier 2018, ils n’étaient plus que 12% en insécurité alimentaire parmi les bénéficiaires ; le taux de malnutrition des bénéficiaires de l’activité était aussi en baisse », a expliqué  Jean-Martin Bauer, estimant que cette assistance devra continuer, afin de consolider les signaux positifs observés.

Présidant la rencontre, le directeur de cabinet de la ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Christian Aboké-Ndza, a reconnu, lui aussi, que cette assistance a considérablement fait évoluer les indicateurs. Après la signature de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités de Kinkala, il y a, a-t-il rappelé, des défis énormes à relever en matière de réinstallation, de remise des capacités productives. « Le plan de réponse humanitaire d’urgence 2018 couvre l’ensemble de ces domaines, parce que nous sommes en train de passer d’une phase d’assistance au relèvement communautaire et de développement de résilience. Nous estimons que cette mission est la bienvenue, en ce sens qu’elle prendra aussi connaissance de ce nouveau plan et des défis qui restent à relever », a souhaité le directeur de cabinet.