JEA 2021 : le Congo un Etat de droit pour les enfants

La célébration de la 30ème édition de la Journée de l’Enfant Africain a été marquée par deux temps forts à savoir l’organisation du panel autour de la réalisation des droits de l’enfants au Congo et la déclaration du Gouvernement faite par le Ministre des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire.

Sous la modération d’Andres LOPEZ, Représentant-Adjoint de l’Unicef au Congo, le panel a été un moment d’échanges entre les enfants et les membres du gouvernement notamment les ministres en charge des affaires sociales, de la santé, de l’enseignement et le représentant du ministre de la santé.

Les préoccupations des sept enfants et du président du parlement des enfants de Brazzaville ont porté sur : la répression policière des élèves, les procédures de justice pour les enfants, le dépistage de la covid-19 au niveau des écoles, l’installation des bibliothèques dans les écoles, les services d’écoute dans les écoles pour les élèves victimes des violence, l’absence des textes d’application de la loi portant protection de l’enfant au Congo, etc.

Les membres du gouvernement ont apporté les réponses, chacun selon son domaine ou ensemble pour les questions transversales. Pour le ministre des Affaires Sociales, le pays s’est engagé dans le processus de production des textes pour combler le vide juridique en matière de protection de l’enfance. « Le Congo est un Etat de droit et les droits de l’enfant y sont respectés » a-t-elle renchéri.

Le ministre de la Santé et de la Population, Gilbert Mokoki, a assuré les enfants que le gouvernement est déterminé à lutter contre toutes les formes de banditisme dans le pays ; voilà pourquoi il a été créé le ministère de la Sécurité et de l’ordre public regroupant la Police et la Gendarmerie.

A propos du dépistage de la pandémie de Covid-19, au sein des établissements scolaires, le ministre de la santé a souligné qu’« une stratégie de dépistage à grande échelle avait été mise en place mais n’a pu aboutir à cause des problèmes de logistique ». Il a appelé les enfants à continuer à respecter les gestes barrières pour se protéger de la maladie.

De son côté, le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire et de l’Alphabétisation, Jean Luc Mouthou, a rassuré les enfants sur la mise en place d’une cellule de lutte contre la fraude afin d’éradiquer le mécanisme de transhumance scolaire. S’agissant de la prise en charge psychologique, il a annoncé le recrutement des psychologues pour s’occuper des questions d’écoute en cas de violences sexuelles dans les écoles.

Cette célébration a eu pour thème « 30 ans après l’adoption de la Charte : accélérons la mise en œuvre de l’Agenda 2040 pour une Afrique digne des enfants »

Dans la déclaration du gouvernement délivrée à cette occasion, Irène Mboukou Kimbatsa a fait le point de la mise en œuvre par le Congo de la Charte des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant en Afrique. Des progrès ont ainsi été réalisés dans les domaines de l’éducation, la santé et des droits, mais des nombreux défis subsistent encore pour que le pays atteigne la pleine réalisation des droits des enfants congolais.

 Concernant le thème, elle a souligné que « L’Agenda 2040 pour une Afrique digne des enfants qui s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’Union africaine est un ensemble d’orientations stratégiques étalé sur 25 ans, adopté en 2016 par le comité pour réaliser des progrès en faveur des enfants par une prise en compte de leurs droits dans les politiques de développement de chaque pays en Afrique ».

Pour sa part, le Représentant adjoint de l’Unicef au Congo, Andres Lopez, a félicité le pays pour les avancées réalisées pour l’atteinte des droits des enfants. « Ceci est très important pour nous assurer que chaque enfant au Congo ait accès aux services essentiels auxquels il a droit et qu’il puisse ainsi réaliser son plein potentiel. Les recommandations issues de ce dialogue contribueront à l’élaboration d’une feuille de route claire pour y arriver », a-t-il laissé entendre.

La célébration de la journée de l’enfant africain ce 16 juin a été marquée aussi par la distribution du rapport national 2016-2020 sur la mise en œuvre de la Charte aux participants. Des micros films sur les droits des enfants ont également été projetés. La slameuse Mariusca Moukengué et les artistes musiciennes Jolivette et Johess ont agrémenté les festivités. Cette 30ème célébration de la journée de l’Enfant Africain a été coorganisée par le Ministère des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire et la Représentation de l’Unicef au Congo.

La Ministre des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire et la Représente de l’Unicef au Congo ont profité de cette occasion pour faire un don en vivre et non vivre à cinq structures accueillant des enfants avant d’en visiter trois d’entre eux (Complexe Crèche Garderie Pouponnière Moungali III, l’orphelinat Béthanie et le Centre d’Insertion et de Réinsertion des Enfants Vulnérables).

Rencontre ministre-agents : Consolider les acquis et innover

Poursuivre les actions déjà entreprises par le ministère et apporter des innovations selon le programme du nouveau gouvernement, tels ont été les axes de travail émis par le ministre des affaires sociales et de l’action humanitaire. Irène Mboukou-Kimbatsa l’a annoncé à l’Institut des Jeunes Sourds lors de sa première rencontre avec le personnel de son ministère évoluant à Brazzaville.

Dans son discours d’orientation, délivré le 1er juin à Brazzaville, à l’endroit des cadres et agents du ministère des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, la ministre Irène Mboukou-Kimbatsa a souligné les grandes lignes du travail à réaliser. La poursuite de la mise en œuvre de la Politique nationale d’action sociale et son plan d’action 2018-2022, réalisation de l’état des lieux des structures des affaires sociales et de l’action humanitaire sur toute l’étendue du territoire national, établir un dialogue permanent avec le secteur associatif et syndical sont autant d’axes en direction desquels le travail sera orienté. « Les efforts déployés par mon prédécesseur seront consolidés », a-t-elle fait savoir.

Parmi les actions inscrites dans sa feuille de route pour les prochains mois figure le plaidoyer pour l’adoption des textes en instance au niveau des chambres du Parlement afin d’améliorer le cadre juridique du ministère et rendre efficace son action en faveur des vulnérables.

Dans la suite de son propos, le Ministre, Marie Cécile Irène BOUKOU –KIMBATSA, a déclaré être consciente des défis qui l’attendent et compte sur l’apport de tous les agents et cadres de son département ministériel, des partenaires pour être à la hauteur des attentes. Elle a profité de l’occasion pour appeler ses collaborateurs à se mettre au travail.

En rappel, le Ministère des affaires sociales et de l’action humanitaire a pour mission principale de prévenir les exclusions sociales, les risques de catastrophes et crises humanitaires et de corriger leurs effets, de répondre aux besoins de protection sociale et de promotion, d’autonomisation des individus, des familles, des groupes et des communautés, afin de favoriser la cohésion sociale et l’exercice de la citoyenneté. Mission résumée en 4 (quatre) P, à savoir : Prévention, Protection, Prise en charge et Promotion.