Présentation des résultats d’évaluation des inondations au nord Congo

L’équipe d’évaluation post inondations au nord Congo a présenté, le 12 novembre à Brazzaville, les résultats simplifiés des études, les impacts et les actions de relèvement dans les préparations aux futures submersions.

Plusieurs impacts ont été révélés dans les secteurs de la santé, de l’eau, de l’hygiène et assainissement, des abris, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, des moyens de subsistance et d’éducation. L’équipe a notifié que les maisons, écoles, centres de santé ne sont plus opérationnels dans les zones concernées dans les départements de la Likouala, des Plateaux, de la Sangha.

 « La situation risque de s’aggraver, si les fortes pluies continuent de tomber dans le pays. Dans les zones touchées, la plupart des populations dorment en plein air au gré des intempéries et maladies transmissibles. Les enseignants volontaires n’ont plus perçu leurs émoluments parce que certaines écoles ne fonctionnaient plus », a indiqué l’équipe d’évaluation.

Les eaux montent et détruisent les plantations, le petit cheptel de famille, le maraîchage, les ateliers des artisans, les bâtiments, les planches des menuisiers, les registres d’état civil, les installations électriques et de télécommunications, les ponts et autres moyens de subsistance.

« Nous avons d’abord constaté les dommages, estimé les pertes, projeté les dépenses de relèvement et puis dans le rapport nous faisons des recommandations au gouvernement et ses partenaires pour ne pas se limiter au seul relèvement. Au terme du relèvement, il faut la préparation de la stratégie qui consiste à mettre la population à l’abri des dommages d’inondations », a signifié le rapport de l’équipe d’évaluation.

En moyenne, deux cent mille personnes dont les enfants, les femmes, les personnes âgées, les nouveaux nés sont affectés.  Par manque de moyen financier suffisant, l’équipe d’évaluation post inondations au nord Congo a couvert essentiellement quarante-cinq localités dans quatre départements : Plateaux, Cuvette, Sangha et Likouala.

« Nous avons ciblé deux districts seulement par département et dans chaque district nous avons retenu deux, trois ou cinq villages selon les moyens de déplacement ou de la logistique. Circuler dans les zones inondées demande beaucoup de moyens logistiques, un gros budget… », a souligné l’équipe d’évaluation post inondations.

L’impact sur l’habitation est le plus crucial compte tenu de la nature précaire des maisons dans les zones visitées. Ainsi donc, la ministre des Affaires sociales et l’Action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, a recommandé par vidéoconférence à l’équipe d’évaluation post inondations « de mettre un accent particulier sur la durabilité des actions à mener et sur l’habitat pour que nos parents n’aient pas à se préoccuper de là où mettre le cahier et l’acte de naissance de leurs enfants ».

Le Japon apporte de l’aide humanitaire et sanitaire au Congo

L’ambassadeur du Japon au Congo, Karube Hiroshi, et le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Cyprien Sylvestre Mamina, ont signé, le 11 novembre, en présence de la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, les documents officialisant l’aide nipponne chiffrée à deux milliards FCFA.

Le premier projet, financé à hauteur de cent-cinquante millions de yens japonais, soit environ sept cent-soixante millions FCF, permettra au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) de se doter en équipements et matériels médicaux.

Le second qui s’élève à près de trois cents millions de yens, soit environ un milliard cinq cent-vingt millions FCFA, consiste à fournir trois mille neuf cents tonnes de riz dans le cadre du programme d’assistance alimentaire.

Le diplomate japonais a souligné que son pays met l’accent sur la notion de la sécurité humanitaire qui vise à promouvoir l’accès à une vie meilleure pour tous. « Le Japon s’efforce de partager cette notion grâce à la coopération socio-économique à travers le monde, y compris la République du Congo. Je suis convaincu que ces deux projets permettront au Congo non seulement de faire face aux défis sanitaires, mais aussi d’améliorer sa situation nutritionnelle », a indiqué Karube Hiroshi.

Pour sa part, la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo, a salué ce don qui, selon elle, arrive au moment où le besoin se fait sentir sur le terrain. « Ces financements japonais permettront au gouvernement congolais, par l’entremise du ministère en charge de l’Action humanitaire et celui de la Santé, de répondre efficacement aux nombreux défis liés d’une part aux effets néfastes des inondations sur la population et d’autre part, renforcer les capacités opérationnelles du CHUB à répondre aux défis sanitaires du moment et futur », a-t-elle déclaré.

Notons que le Japon intervient également dans le domaine agricole notamment dans l’accompagnement de la chaîne de valeurs des produits halieutiques.

Réunion de la Coordination humanitaire sur les inondations au nord du pays

Pour les participants à la réunion de coordination humanitaire, tenue le 29 octobre à Brazzaville, il est nécessaire d’instaurer l’urgence humanitaire pour faire face aux conséquences des inondations dans la Likouala, la Sangha et les Plateaux. Il ne reste plus que la déclaration officielle du gouvernement pour déclencher la mobilisation des ressources.

Depuis le mois de juillet, les eaux du fleuve Congo et de la rivière Oubangui ont atteint un record de hauteur et les pertes en vies humaines y compris les conséquences matérielles font craindre le pire, a souligné la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, lors de la réunion virtuelle à laquelle ont pris part les membres du gouvernement, les représentants du système des Nations unies ainsi que d’autres partenaires.

Selon le rapport de la mission conjointe gouvernement et agences du système des Nations unies, qui a effectué une descente le 9 octobre dans la Likouala, l’on déplore deux morts par noyade et soixante-treize villages inondés : les uns totalement, les autres partiellement. « Il est impérieux que le gouvernement déclare l’urgence humanitaire, cela permettra aux partenaires de déclencher la mobilisation des ressources financières et tout appui technique pour venir en aide aux efforts du gouvernement », a déclaré la ministre des Affaires sociales qui est par ailleurs présidente de la coordination humanitaire.

« Nous étions encore en train de travailler sur les conséquences des inondations de l’année passée malheureusement le coronavirus a quelque peu bouleversé notre travail d’aide d’urgence et du relèvement.  Aujourd’hui, la situation est devenue alarmante », a déploré Antoinette Dinga-Dzondo.

Les partenaires ayant participé à la réunion de coordination humanitaire se sont engagéà accompagner le Congo dans la prise en charge des victimes des inondationsCes dernières ont, en effet, perdu leurs domiciles, leurs champs, entre autres. « Nous attendons la décision du gouvernement afin de multiplier les stratégies pour secourir les populations qui sont devenues aujourd’hui vulnérables », a indiqué Modeste Cyr Kouamé, représentant du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiéau Congo.

Si l’année dernière environ cent soixante-dix mille personnes ont été affectées par les inondations, ce seuil risque d’être dépassé cette année.