Une analyse pour améliorer la situation des droits des enfants congolais

Le Premier ministre Clément MOUAMBA a patronné ce 13 juin à Brazzaville la cérémonie relative à la publication de l’analyse de la situation des enfants et adolescents en République du Congo;  document qui met en relief les avancées réalisées concernant la protection des droits des enfants tout en soulignant que plus d’un million d’entre eux souffrent d’au moins trois formes de privations.

L’objectif de l’analyse de la situation des enfants et adolescents au Congo menée conjointement par le gouvernement et L’UNICEF en 2018 a été de déterminer la nature et l’ampleur des privations subies par les enfants en matière de santé, de nutrition, de l’éducation, de la protection et de plusieurs autres services sociaux de base. Cette analyse de la situation des enfants et adolescents a été faite suivant l’approche dite « par cycle de vie ». Elle relève des vulnérabilités spécifiques à chaque tranche d’âge, notamment de zéro à 5 ans, de 5 à 11 ans jusqu’à 18 ans.

Selon cette étude, ces privations sont imputables, entre autres, à la faible mise en œuvre des politiques sectorielles, à l’insuffisance de budget pour la mise en œuvre des politiques sociales inclusives, l’inégale répartition des infrastructures, la sensibilisation limitée aux droits de l’enfant…

Pour la Représentante de l’Unicef au Congo, Micaela Marques de Sousa, malgé des nombreux progrès réalisés par le gouvernement, notamment dans le domaine de l’accès à l’éducation, à la santé et de la protection contre des violences, beaucoup reste encore à faire et nécessite l’engagement et l’action de tous les acteurs.

Micaela Marques de Sousa a souligné que « cette analyse contribue à apporter des réponses utiles pour appuyer le gouvernement dans la mise en œuvre des politiques publiques visant la réalisation des Objectifs de développement durable, conformément à la promesse de ne laisser aucun enfant de côté et d’aider en premier les plus vulnérables.» Aussi a-t-elle lancé un appel solennel à tous ceux dans les actions peuvent contribuer à la réalisation des droits et du bien-être de l’enfant à se joindre au gouvernement afin de bâtir un environnement protecteur en faveur des enfants au Congo.

La voix des enfants du Congo s’est fait aussi entendre par l’entremise du vice-président du Parlement des enfants, Ama Ondzoto à travers cette sollicitation: “nous sollicitons votre attention sur la situation globale des enfants et des adolescents au Congo et faisons également le plaidoyer en faveur de certains enfants, en particulier ceux issus des minorités autochtones, les enfants vivant avec  handicap qui sont victimes des privations sociales, sanitaires et juridique.”

Dans le but de renforcer les mesures de protection des droits de l’enfant au Congo, le système des Nations unies s’est dit disposé à accompagner le pays en proposant la mise en place de paquets de services adaptés aux différentes phases de l’enfance et de l’adolescence. « L’équipe pays des Nations unies ne ménagera aucun effort pour accompagner le gouvernement sur la voie de l’accélération de l’atteinte des Objectifs de développement durable en vue d’améliorer les conditions de vie de la population, en particulier les plus vulnérables y compris nos enfants », a rassuré la coordonnatrice du système des Nations unies au Congo, Suze Percy Filipini.

Recevant le document final de l’analyse de la situation des enfants et des adolescents au Congo, le Premier ministre, Clément Mouamba, a renouvelé la volonté du gouvernement de travailler résolument en vue d’assurer un meilleur avenir au pays à travers le capital humain. « Je suis convaincu que les planificateurs nationaux sauront prendre en compte l’analyse et la perspective du cycle de vie et les recommandations issues de ce rapport pour faire avancer l’accès aux services sociaux ainsi que la qualité des services offerts par l’adaptation de ces services à l’âge des ayants-droit. Ceci ne peut qu’enrichir l’impact des orientations stratégiques du Plan national de développement », a fait savoir le chef du gouvernement.

La publication de l’analyse de la situation des enfants et adolescents en République du Congo coïncide avec une double célébration cette année. La première étant celle du 16 juin célébrant la 29ème édition de la   journée de l’Enfant Africain sous le thème: “l’action humanitaire en Afrique: les droits de l’enfant avant tout.” La seconde qui aura lieu le 30 novembre de cette année sera consacrée aux 30 ans de la Convention relative aux Droits des Enfants.

Des kits agricoles pour les ménages du Pool

Le matériel destiné aux bénéficiaires a été remis symboliquement, le 28 mai à Brazzaville, à la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga-Dzondo, par le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Maleye Diop.

Le don s’inscrit dans le cadre du lancement de la deuxième phase de distribution du matériel agricole aux ménages en situation de vulnérabilité. Le lot est composé, entre autres, de motopompes, moulins pour foufou, tuyaux d’aspiration d’eau, tuyaux d’arrosage, ombrières et bâches thermiques de serres, doubles paires d’arceaux de jardin pour le montage de serres de 2,20m…

Il s’agit des équipements agricoles à usage collectif et seront destinés aux différentes communautés reparties dans huit districts du Pool, à savoir Goma Tsé-Tsé, Mbandza-Ndounga, Kinkala-district, Mindouli, Kimba, Mayama, Kindamba et Vindza.

Ce don aidera ces personnes vulnérables à retrouver les capacités de refaire leurs plantations détruites durant le conflit armé de 2016. « L’appui du Pnud pour cette opération est ponctuel et s’inscrit dans le cadre du développement. Nous espérons que ce matériel sera utilisé à bon usage et aidera la population bénéficiaire à reconstruire progressivement son actif agricole », a souligné Maleye Diop.

Financée par le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (Cerf), cette assistance vise à contribuer au retour de la paix et de la cohésion sociale dans cette partie du Congo. Elle vise également à rétablir le dialogue communautaire et à permettre la relance les activités économiques locales. La distribution de ces outils est confiée à l’ONG Action de secours d’urgence et de développement humanitaire (Asudh).

La formation des bénéficiaires constitue un autre défi, estime-t-on du côté du gouvernement. « La culture sous cerf est une nouvelle façon de travail plus productive mais, elle nécessite une formation. Pour cela, l’Asudh nous aidera dans la distribution et la formation de la population pour l’installation, l’utilisation, l’entretien et la maintenance de ces nouveaux équipements », a indiqué Antoinette Dinga-Dzondo

Notons que la première phase de l’opération de distribution du matériel avait eu lieu le 26 avril dernier, à Kinkala, le chef-lieu du  département du Pool.