Vie des institutions : les personnes vivant avec handicap élisent leurs membres ayant voix délibératives

Les assemblées électives organisées le 26 décembre, dans les chefs-lieux de département du pays, ont débouché sur la sélection d’une soixantaine de délégués devant se réunir au sein du futur Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap (CCPVH).

Si à l’intérieur du pays les élections générales ont consisté à désigner un seul délégué par département, dans les différents types de handicap, à Brazzaville il s’est agi du vote par catégorie. Ainsi, le ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire a ouvert, à l’Institut de jeunes sourds de Brazzaville, six bureaux de vote, regroupant les électeurs par catégorie. Il y a eu, en effet, un bureau pour les handicapés moteurs ; les sourds et déficients auditifs ; les aveugles et déficients visuels ; les parents des déficients intellectuels étant donné qu’il s’agit des personnes dépendantes ; les sans mélamine (albinos) ; les femmes de tout type de handicap.

Après une journée de vote sur la surveillance des éléments de la gendarmerie nationale, les personnes vivant avec handicap qui ont pris d’assaut les bureaux ont pu élire huit membres par catégorie en dépit de la multitude des candidats. Supervisant les élections dans la ville capitale, le directeur de cabinet de la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Christian Aboké-Ndza, a rappelé qu’il y avait une spécificité sur le mode de sélection des membres du CCPVH. Selon lui, cette institution sera composée des membres ayant voix délibératives qui sont élus, venant des associations des personnes vivant avec handicap, et des membres à voix consultatives venant des ministères.

« Pour des besoins de transparence, le ministère a pris la décision d’authentifier les récépissés des associations pour s’assurer qu’il ne s’agit pas des organisations fictives qui désignent des candidats électeurs. Cela a été fait en collaboration avec les services techniques du ministère de l’Intérieur. Ils sont décidés d’élire des gens qui sont en capacité de défendre leur cause », a expliqué le directeur de cabinet, précisant que le travail du ministère consistait à les accompagner en adaptant des stratégies conformément à ce que leur spécificité exigeait.  

Notons que conformément à la loi organique déterminant son organisation, sa composition et son fonctionnement, le CCPVH a deux missions essentielles : émettre des avis et faire des suggestions au gouvernement pour une meilleure prise en compte des personnes issues de cette catégorie sociale. Il sera, en effet, composé de cent trois membres dont soixante-quatre élus par les organisations des personnes vivant avec handicap. Seuls ces derniers auront des voies délibératives. Quant aux autres membres qui auront des voix consultatives, ils seront proposés par les organes étatiques en charge des questions de handicap. Les membres qui peuvent être élus au sein du secrétariat exécutif permanent doivent dûment être mandatés.

Fête de la Nativité : trois cents enfants vivant avec handicap ont reçu divers cadeaux

Le 25 décembre à Brazzaville, l’épouse du chef de l’Etat, Antoinette Sassou N’Guesso, présidente de la Fondation Congo Assistance, a fait la joie des enfants à morbidité réduite, en leur distribuant des jouets et des vivres, accompagnés de petits câlins.

Les trois cents enfants sont venus de plusieurs Instituts et centres spécialisés en la matière, ainsi que des associations : Institut de jeunes sourds; Institut national des aveugle du Congo; l’Institut psychopédagogique ; la Fondation sur un pied d’égalité ; l’Association pour le développement de la réadaptation et le bien-être, sans oublier des circonscriptions d’action sociale de Madibu, Makélékélé, Djiri et Talangaï.

Pour l’occasion, le gymnase Michel d’Ornano, habituellement réservé aux rencontres sportives, s’est vite transformé en un lieu féérique. La gaieté et l’engouement marquaient le visage des gamins qui comptaient parmi eux les encadreurs et quelques parents venus accompagner certains d’entre eux.

Ce moment riche en émotions et en surprises a été l’occasion d’offrir un instant de bonheur à ces jeunes souvent oubliés qui méritent une attention particulière de la société. L’ambiance festive a été marquée par un décor exceptionnel avec l’animation d’un personnage déguisé.

Cette cérémonie a été précédée, dans la matinée, par une autre distribution de jouets et vivres par la directrice de cabinet de l’épouse du chef de l’Etat, dans trois orphelinats de la ville.

Après avoir donné la signification de Noël et souhaité joyeuse fête à tous les enfants, Blandine Malila a, dans son mot de circonstance, rappelé l’élan de générosité dont la présidente de la Fondation Congo Assistance a toujours fait montre et que cette année, a-t-elle ajouté, « la première dame du Congo a voulu marquer une attention particulière aux enfants handicapés, souvent marginalisés ».

Visiblement émus, les enfants, par la voix de leur collègue déficiente visuelle, n’ont pas manqué de remercier l’épouse du chef de l’Etat pour son « aimable sensibilité sociale » à leur égard. La fête de Noël, ont-ils fait savoir, « est un moment symbolique pour les familles unies où les parents témoignent de leur amour envers les enfants »soulignant: « Un moment que nous ne bénéficions pas toujours ».

Jovanhy, 6 ans, a tenu à exprimer son émotion. « Je suis content d’assister à cette fête et de recevoir un cadeau. Je ne m’attendais pas à ça et je suis vraiment surpris. Ça me fait plaisir d’être ici avec d’autres enfants comme moi », a-t-il déclaré.

L’initiative a été également saluée par des parents et encadreurs de ces enfants. « Ce moment est magique. Il n’y a rien de plus réconfortant pour un parent que de voir son enfant exprimer sa joie même si le quotidien n’est pas toujours facile. Offrir une telle opportunité à des enfants vivant avec un handicap est un geste remarquable », a affirmé l’un des parents.

En effet, le geste de la première dame du Congo intervient quelques jours après la célébration, début décembre, de la Journée mondiale des personnes handicapées sur le thème « Autonomiser les personnes handicapées et assurer la participation et l’égalité ».

 Au Congo, le pourcentage des personnes à mobilité réduite est de 1,4%, soit 52 935 personnes selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2007. Ce chiffre peut être en augmentation au regard des maladies invalides de type accident vasculaire cérébral et les catastrophes naturelles provoquées par l’homme.

Cette énième édition de la célébration de l’arbre de Noël se voulait être un moment de partage et de solidarité vis-à-vis des jeunes vivant avec un handicap et qui, souvent, ont difficilement accès à l’éducation. Leur insertion sociale et professionnelle est parfois hypothétique.

Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap : vulgarisation de la loi créant l’institution

Le ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire a organisé, le 21 décembre à Brazzaville, un atelier de sensibilisation au document et à ses textes d’application, en prélude aux assemblées générales électives des membres de la structure.

L’atelier a connu la participation des membres des organisations des personnes vivant avec handicap et celles œuvrant dans le domaine du handicap. Ainsi, les participants ont suivi deux communications dont celle portant sur la loi organique n° 26 -2018 du 7 août 2018, déterminant l’organisation, la composition et le fonctionnement du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap, présentée par le directeur de cabinet de la ministre de tutelle, Christian Aboké-Ndza. La seconde communication, portant sur le décret fixant les modalités de sélection des membres ayant voix délibérative au sein de ce Conseil, a été faite par le directeur général des Affaires sociales, Rock Christian Mabiala.

Ouvrant les travaux, la ministre des Affaires sociales et de l’action humaine, Antoinette Dinga Dzondo, a invité les participants à manifester un intérêt par une participation active. Elle a également espéré qu’au sortir de cette rencontre, les participants devraient être suffisamment aguerris pour effectuer le bon choix des délégués qui porteront leurs voix au sein du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap. 

Elle a, par ailleurs, rappelé que le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, avait promulgué, le 6 novembre 2015, la nouvelle Constitution du pays, votée lors du référendum organisé le 25 octobre de la même année.  L’organisation, la composition et le fonctionnement du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap sont déterminés dans la loi organique. Une loi élaborée, selon Antoinette Dinga Dzondo, avec la participation effective des organisations des personnes vivant avec handicap, suivant l’adage cher aux personnes vivant avec handicap, à savoir « Rien pour nous sans nous ». 

Cette loi s’inspire, en outre, de la convention relative aux droits des personnes handicapées et de son protocole facultatif dont le Congo est partie prenante. Au terme de cette session et après des échanges fructueux et riches, les participants ont salué l’initiative du ministère et se sont engagés à tout mettre en œuvre pour la bonne tenue des élections des membres de leur conseil consultatif.

Lancement du programme d’assistance alimentaire pour la création des actifs dans le département du Pool

Madame Antoinette Dinga Dzondo, Ministre des affaires sociales et de l’action humanitaire a lancé le 23 octobre 2018 le programme d’assistance alimentaire pour la création des actifs (3A) dans district de Mindouli.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence de l’Ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Todd Haskell, du Représentant du PAM au Congo, Jean-Martin Bauer, du Directeur de Mission de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) en République Démocratique du Congo (RDC) et du  bureau régional de l’Afrique Centrale M. Paul Sabatine,  du Préfet du département du Pool Georges Kilébé et des autorités Sous-préfectorales.

Ce programme initié par le PAM et financé par le gouvernement américain, à hauteur de 1. 700 000 000 F CFA, va renforcer les moyens d’existence des populations du Pool. Il va contribuer à la réalisation de travaux d’entraide communautaire, notamment le dégagement des pistes rurales envahies par la végétation, ou la réhabilitation des étangs piscicoles abandonnés au plus fort de la crise. Il permettra également  d’améliorer l’accès au marché dans les zones enclavées et de relancer la production agricole.

Ce programme d’assistance alimentaire pour la création des actifs (3A) va durer 6 mois et prendra en charge 21 000 personnes. Il vise donc à répondre aux besoins alimentaires immédiats des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire par des transferts monétaires, des bons ou des denrées alimentaires, et à améliorer leur sécurité et leur résilience à long terme. «  Les personnes reçoivent des transferts monétaires ou alimentaires pour répondre à leurs besoins alimentaires immédiats, tandis qu’elles construisent ou renforcent des actifs, tels que  la construction d’une route ou la réhabilitation de terres dégradées, qui améliore leurs moyens de subsistance » a expliqué simplement  le Représentant du PAM au Congo.

« Ce type d’assistance humanitaire n’est possible que grâce aux efforts de paix des parties en conflit dans le Pool. Les Etats-Unis seront toujours aux côtés de la communauté internationale et du gouvernement congolais pour accompagner cette population, et nous comptons  sur la franche collaboration de nos partenaires tel que le PAM » a dit Todd Haskell lors de la cérémonie de lancement dudit programme.

Les activités dudit programme ont débuté par la mise en oeuvre du projet de  réhabilitation d’une piste rurale de 7km reliant le village enclavé de Moukonkoto à la route nationale N1 au niveau du village Missié-Missié, non loin de Mindouli. Une fois achevée, cette piste permettra aux producteurs maraîchers et de légumineuse de Monkonkoto d’accéder directement à la route nationale et d’éviter un détour d’une trentaine de kilomètres dans des conditions difficiles. La piste permettra également aux camionnettes d’accéder directement à la zone et de faciliter l’évacuation des produits agricoles vers le marché à partir de 8 villages auparavant enclavés.

“Ce que nous faisons maintenant, c’est ce qu’on appelle le relèvement, la réhabilitation des moyens de vie. C’est un peuple agricole et ces produits ne sont pas seulement pour eux, c’est pour être vendu et la route est nécessaire”,a indiqué le Ministre des affaires sociales et de l’action humanitaire. « L’ouverture de cette piste agricole va nous permettre d’accéder facilement  à la route nationale N1 pour faire écouler nos produits viviers et se rendre au centre de santé. La route nous  redonne la joie de vivre.  Nous allons avoir accès  à toute cette communication que permet la RN1  Hier, il nous fallait 5 heures de temps pour partir de Mounkonkoto jusqu’à Missié-Missié, Mais aujourd’hui, c’est une heure seulement». Ce message, d’une femme du village Mounkokoto, a été transmis aux autorités présentes à la cérémonie par le Représentant d’Acted au Congo, Manuel Galéa.

C’est avec le soutien du PAM,et l’expertise du Ministère de l’équipement et de l’entretien routier que ACTED réhabilite cette route selon l’approche de creation d’actifs productifs (3A) et à haute intensité de main d’oeuvre. Soixante quatre (64) personnes de l’axe Kikouangou-Missié-Missié, selectionnés après une enquête de vulnérabilité, participent depuis le 15 octobre 2018 à l’ouverture de cette piste agricole. Près de 2km de piste ont été débroussaillés, désherbés et dessouchés depuis Missié-Missié. Madame Antoinette Dinga Dzondo, Ministre des affaires sociales et de l’action humanitaire a pu parcourir une grande partie à pied.

Pour mémoire, le Gouvernement américain était le premier à répondre à l’appel lance en juillet 2017 dans le cadre de l’aide humanitaire d’urgence.