Droits de l’homme : un projet pour prévenir et assister la vulnérabilité des enfants

Le projet « Appui au développement des actions de prévention et d’assistance aux enfants vulnérables (Adapaev) », cofinancé par l’Union européenne (UE) et la fondation Apprentis d’Auteuil à hauteur de 348 462 euros, a été lancé, le 15 juin à Brazzaville.

Mis en œuvre par le Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture (Reiper) dans les villes de Brazzaville et Pointe-Noire, le projet Adapaev vise à prévenir et assister la vulnérabilité des enfants par la sensibilisation, l’autonomisation familiale et le renforcement des capacités de la société civile. En effet, il cible plus de quarante-cinq familles vulnérables et leurs enfants ; les vingt-et-une structures membres du Reiper; l’ensemble des enfants de ces structures; cinq journalistes des médias congolais ainsi que la population congolaise en général.

Spécifiquement, le projet entend développer l’autonomisation des familles afin de prévenir et traiter les situations des enfants vulnérables ; améliorer la connaissance des droits de l’enfant en République du Congo. Objectifs : permettre aux familles vulnérables de faire face à la pauvreté et subvenir aux besoins de leurs enfants ; participer à l’émancipation économique des familles les plus vulnérables et plus particulièrement des femmes qui élèvent seules leurs enfants. Les autorités locales et la population devraient également connaître et défendre les droits des enfants.

Le chef de coopération à la délégation de l’UE, Tom Ashwanden, a rappelé que le lancement de ce projet coïncide avec la célébration de la Journée de l’enfant africain qui met cette année un accent sur le droit à la participation des adolescents afin qu’ils soient vus et entendus. Analysant la situation de crise socioéconomique qui frappe actuellement le Congo, il a indiqué que la chute du prix du baril a accentué et mis en lumière les lacunes dans la gestion des finances publiques. « Cela a diminué considérablement les recettes de l’Etat et a amoindri ses capacités d’assurer la lourde responsabilité qui est la sienne : veiller sur les plus vulnérables. Déjà vulnérables en temps normal, les enfants en rupture vivent aujourd’hui cette crise encore plus fragilisée », a constaté Tom Ashwanden, précisant que l’UE a choisi d’appuyer ce programme parce qu’elle prône l’universalité des droits de l’homme et des femmes.

Pérenniser les actions du projet

Présidant la cérémonie, le directeur de cabinet de la ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Christian Aboké-Ndza, a rappelé que la famille était la première cellule de protection de l’enfant. Elle est responsable de son développement et de son bien-être. Chaque parent a l’obligation et doit être, a-t-il souligné, capable d’assurer l’éducation, la scolarisation, la nutrition et la santé de ses enfants. C’est ainsi qu’il a salué ce projet qui apporte un soutien aux familles par la formation professionnelle et les activités génératrices de revenus, afin qu’elles puissent prendre soins de leurs enfants et de mieux répondre à leurs besoins. « Nous restons donc persuadés que ce projet intègre bien les objectifs de la politique nationale d’action sociale. Il contribuera au maintien de la cohésion familiale, à la valorisation du rôle éducatif de la famille et au respect de la responsabilité parentale afin d’assurer l’épanouissement de tous les membres de la famille, en particulier les enfants », espère Christian Aboké-Ndza.

Il a, par ailleurs, rassuré les initiateurs du soutien de la ministre en charge des Affaires sociales, Antoinette Dinga-Dzondo, pour la réussite de ce projet dont son département ministériel est membre du comité de pilotage. Il a, enfin, insisté sur la question de la pérennisation de cette action. « Cela passe nécessairement par la mobilisation des financements additionnels. C’est pourquoi, j’invite, d’ores et déjà, tous les acteurs du Reiper à y travailler activement, sachant que le financement de l’UE n’est pas éternel », a-t-il conclu.

Journée de l’enfant africain : le gouvernement réaffirme son engagement en faveur des enfants

L’humanité a célébré, le 16 juin, la Journée internationale de l’enfant africain placée cette année sous le thème : « Une éducation de qualité, obligatoire, gratuite et adaptée pour tous les enfants en Afrique »

Rendant la déclaration du gouvernement publique au cours d’une cérémonie solennelle organisée au ministère des Affaires étrangères, la ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité, Émilienne Raoul, est revenue sur le thème tiré des consultations des enfants d’Afrique et adopté par l’Union africaine. Ce thème est, a-t-elle indiqué, d’autant évocateur que le droit à une éducation appropriée est à la base du soulèvement des enfants de Soweto en 1976. Cette Journée de l’enfant constitue, selon elle, une occasion pour les gouvernements, les institutions internationales, les organisations non gouvernementales, de réfléchir sur les questions touchant les enfants dans le continent et de faire le point sur les progrès accomplis et les défis actuels, afin d’assurer la pleine réalisation des droits des enfants en Afrique.

« L’éducation est un droit humain fondamental. Elle a pour but d’assurer le plein épanouissement de l’être humain sur les plans physique, moral, intellectuel et social. À cet égard, le gouvernement de la République s’emploie à améliorer progressivement les conditions d’enseignement, d’apprentissage et de formation par l’augmentation du nombre d’enseignants, la construction et la réhabilitation des salles de classe et leur équipement. Dans ce sens, le président de la République a dédié successivement les années 2013 et 2014 à l’éducation », a souligné Émilienne Raoul.

Ainsi, le ministère des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité, a réalisé cette année une enquête-ménage à Brazzaville, sur un échantillon de 113 enfants non scolarisés. « Si l’on récapitule, la première cause de la non scolarisation des enfants, d’après ce diagnostic rapide, est la négligence des parents qui n’ont pas compris que la scolarité des enfants dans notre pays est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. C’est un droit de l’enfant et c’est une obligation des parents », a-t-elle indiqué.

Le représentant de l’Unicef au Congo, Aloys Kamuragiye, s’est, de son côté, félicité des efforts que les multiples acteurs dans le secteur de l’éducation en République du Congo ne cessent de mener pour faire de « l’éducation de qualité pour tous » une réalité dans ce pays. « Si le système éducatif congolais affiche à partir de 2005 une bonne performance quantitative par rapport au début des années 1990, des efforts restent à fournir pour améliorer l’accès de tous les enfants défavorisés à l’enseignement primaire et faire des investissements conséquents pour développer tout le palier de l’éducation préscolaire, un niveau d’éducation fondamental pour assurer un bon départ pour la maîtrise des apprentissages à l’école primaire », a-t-il indiqué.

Il a, par ailleurs, invité tous les acteurs à conjuguer leurs efforts ensemble pour contribuer à une éducation de qualité, gratuite, obligatoire et adaptée pour tous les enfants du Congo.

Accélérer les textes d’application de la loi portant protection de l’enfant

Se félicitant des actions déployées par le gouvernement de la République et son chef à travers la mesure consistant à consacrer les années 2013 et 2014 à l’éducation, le Parlement des enfants du Congo a, une fois de plus, appelé le gouvernement pour l’accélération du processus d’adoption des textes d’application de la loi 04-2010 du 14 juin 2010 portant protection de l’enfant en République du Congo et sa vulgarisation.

Enfin, les enfants ont lancé un appel aux parents en ces termes : « Chers parents, il est donc de votre devoir de nous inscrire à l’école. Si tel n’est pas le cas, la rue s’occupera de notre éducation », a déclaré la présidente de ce Parlement, Eunice Ngokaba Bangomb.

Journée de l’enfant africain : les médias appelés à promouvoir les droits des enfants

Congo-Brazzaville, 15 juin – (CONGO-SITE)- Prélude à la journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin de chaque année, le ministère des affaires sociales et de l’action humanitaire a organisé le 15 juin à Brazzaville, en partenariat avec l’UNICEF une session de mobilisation des Médias.
Le gouvernement de la République du Congo, en partenariat le Fonds des Nations Unis pour l’Enfance (UNICEF), célèbre ce samedi juin à l’auditorium du ministère des affaires étrangères, la 28ème journée de l’enfant africain sous le thème : « Aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique ». La cérémonie organisée à cet effet servira de cadre pour le lancement de la politique nationale d’action sociale (PNAS). Prélude à la journée, une session de mobilisation des médias a été organisée.

Cette session de mobilisation a connu deux communications autour des thèmes suivants : « Défis et enjeux de la célébration de la journée de l’enfant africain. » et « Quelques idées pour promouvoir les droits des enfants dans les médias. »

Intervenant sur le premier thème, M. Marius Biyékélé, a axé sa communication autours des points suivants : Définition du concept enfant ; Pourquoi une journée de l’enfant africain (aperçu historique) ; Commémoration de la 28ème journée de l’enfant africain ; Contribution des médias.

Dans son exposé, M. Biyékélé psychologue évoluant à l’UNICEF explique qu’un enfant est un être humain, en développement, âgé de moins de 18 ans, fragile et vulnérable. Ce qui se passe dans l’enfance détermine ce que sera l’adulte demain.

L’orateur a relevé quelques éléments qui constituent encore un obstacle au Congo dans la protection de l’enfant notamment les défis de développement inclusif durable pour les enfants ; les inégalités sociales, l’intégration des enfants autochtones et vivants avec handicap au système éducatif, la méconnaissance des droits des enfants et autres.

Pour sa part Madame Marie Laure Kibangou Moutoula, journaliste de formation évoluant à l’UNICEF a exposé sur le second thème, « Quelques idées pour promouvoir les droits des enfants dans les médias ». Elle fait savoir que les médias ont la responsabilité de protéger les enfants en s’abstenant de faire l’apologie ou servir de vitrine à la violences sous toutes ses formes, aux abus et à l’exposition des enfants, et en évitant de présenter des stéréotypes qui desservent la cause des enfants.

En, effet les médias ont un impact considérable sur notre façon de voir le monde et son par conséquent très bien placés pour influencer les attitudes et les actions à tous les niveaux, vis-à-vis des droits de l’enfant.

« Dans le cadre de votre travail, vous pouvez inciter les gouvernements, le public et la société civile à faire des changements positifs en faveur des enfants. Contribuer à créer un environnement favorable au développement et à la protection de l’enfant », a-t-elle expliqué.

Pour elle, les médias peuvent faire bouger les choses en faisant par exemple : Promouvoir leur image en tant que chaîne ou station à l’écoute des enfants et des familles ; Resserrer leurs liens avec les éducateurs, les parents et les responsables ; Favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de téléspectateurs ou auditeurs engagés ; Créer un environnement programmatique ami des enfants et des jeunes.

La journée de l’enfant africain est organisée chaque année depuis le 16 juin 1991 par l’Organisation de l’unité africaine, en souvenir du massacre de centaines d’enfants lors d’une marche pour leurs droits à Soweto (Afrique du Sud) par le pouvoir de l’apartheid le 16 juin 1976.

Bien que le Congo est une loi sur la protection des enfants et une loi sur la protection des populations autochtones, la non publication des textes d’application de ces lois pose problème.